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Roger : Je reçois aujourd’hui un artiste, une star du post impressionniste, connu pour des peinture d’une chambre, ou de bouquets de tournesols, mais qui donne du sens à un paysage, l’homme à l’oreille coupée, Vincent Willem Van Gogh.

 Roger : Bonjour Mr Van Gogh

Van Gogh : Je suis désolé, j’entends très mal ce que vous dites, car j’ai un petit problème d’audition…

 

Roger : Pardon. Je disais Bonjour, Mr Van Gogh

Van Gogh : Bonjour.

 

Roger : Contrairement à d’autres artistes, on connait votre histoire de manière très détaillés car vous avez écrit beaucoup de lettre, notamment avec votre frère Théo (vous êtes très proches)

Van Gogh : je suis né en mars 1853, dans une famille nombreuse. Le commerce d’art est une des traditions de ma famille. J’ai d’ailleurs travaillé dans l’entreprise familiale, mais comme je refuse d’accorder une valeur monétaire aux tableaux (désaccords de principe), je me fais très vite renvoyer de l’entreprise.

Puis je me suis tourné vers des études de théologie, et un travail de pasteur (une autre des traditions familiales), mais là aussi j’ai vite arrêté car ce n’est pas ce qui me plaisait. Je suis d’ailleurs reparti sur les chemins de l’art, et ma carrière commence véritablement à 27 ans (en 1880). Pour cela, je me forme rapidement à l’Académie des Beaux Arts de Bruxelles, même si je réalise réellement mon apprentissage en autodidacte.

Parallèlement à cela, mon frère Théo devient le gérant de l’entreprise de vente de tableaux à Montmartre. C’est à ce moment là qu’il va insister pour m’aider financièrement.

 

Roger : Théo, un frère avec lequel vous êtes très proches n’est ce pas ?

Van Gogh : Effectivement. Il m’a toujours soutenu, et c’est a lui que je confiais mes tableaux pour les exposer et les vendre. Il était aussi là pour me conseiller (j’ai déjà abandonné des toiles, car elles n’étaient pas assez bonnes selon lui). Mais je pense qu’on y reviendra à plusieurs moments.

 

Je bouge beaucoup au début de ma carrière. Un des moments importants est mon passage à Nuenen (aux Pays-Bas) car c’est là que je commence à développer le style graphique qui me caractérise.

Débuts 1886, je vais vivre un temps à Paris, où d’ailleurs Théo m’héberge, et c’est là que je vais faire la rencontre d’un grand nombre de peintres principalement des impressionnistes (Pissarro, Toulouse-Lautrec, ainsi que Paul Gauguin) et échanger avec eux me permet encore et toujours d’évoluer dans ma peinture (par exemple, les couleurs que j’utilise vont devenir de plus en plus claires et lumineuses).

Mais c’est aussi a Paris que je vais commencer à développer des symptômes d’une maladie mentale, provoqué par le fait que je travail trop, mais aussi a cause de l’absinthe, que je consomme alors en trop grande quantité.

 

Roger : Vous vous rendez alors à Arles en 1888, et c’est là que vont arriver des évènements qui vont rendre votre histoire célèbre…

Van Gogh : Alors oui, mais ce n’est pas une période très heureuse pour moi.

Ma maladie a beaucoup progressée (sous forme de crises) ces temps là, ce qui m’a posée quelques « petits problèmes ».  Je travaillais en collaboration avec Gauguin, dans l’idée de créer un collectif d’artistes qui peindrait ensemble, mais un soir, le 23 décembre, lors d’une crise de folie (provoqué, je crois, par une dispute), je le menace avec un rasoir. Il s’enfuit et, comme jai perdu la raison, je me coupe l’oreille. Cette scène a été terrible, même si je ne rejette pas la responsabilité de mon acte.

 

Roger : Vous vous êtes coupé l’oreille dans la même pièce que vous avez peinte, et qui constitue un de vos tableaux des plus connus aujourd’hui.

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Van Gogh : La fameuse « Chambre à Coucher » ?

J’ai peint cette toile en m’inspirant de la chambre que j’occupais à Arles.

J’ai choisit de la représenter pour ses couleurs (les murs lilas pâle, le sol d'un rouge rompu et fané, les chaises et lit jaune de chrome, les oreillers et le drap citron vert très pâle, la couverture rouge sang, la table à toilette orangée, la cuvette bleue, la fenêtre verte), un ensemble qui créée une ambiance parfaitement apaisante. J’ajouterais que, en la représentant aussi peu meublé, elle évoque la simplicité qui

 évoque ma vie d’artiste.

Cette simplicité et ce calme sont tout ce dont j’ai besoin contre ma maladie, en opposition avec la vie à Paris.

 

 Roger : Du coup je vous ai « coupé » dans votre histoire. Que c’est il passé après ?

Van Gogh : J’ai fini par me faire renvoyer de la ville par les habitants inquiets, puis interné dans un asile. La chance que j’ai eu dans mon malheur, c’est que c’est à cette période là que j’ai vendu mon premier tableaux (400 frc) et ce sera la seule toile vendue de mon vivant. À l’asile, je rencontre le docteur Gachet qui m’invite à m’installer près de chez lui, à Auvers sur Oise. C’est lui qui va tenter de me soigner. Je vais rester là bas…

 

Roger :… Jusqu’à votre mort, en 1890.

Van Gogh : Oui après dix ans de carrière. J’étais parti peindre dans un champ, mais, pris d’une inspiration qui n’était certainement pas créatrice, j’ai pris une arme et me suis tiré une balle dans la poitrine. Le choc m’a redonné la lucidité et je suis rentré tant bien que mal. J’ai fini par mourir de ma blessure, car ils ne pouvaient pas me transférer dans un hôpital. Ma seule consolation est que Théo était à mes cotés dans mes derniers instants.

 

Roger : J’ai des sources qui diraient que vous ne vous seriez pas suicidés.

Van Gogh : Je préfère garder ma version de l’histoire. Car si ça a mis un terme à ma carrière, la mort a permis de libérer mon esprit de la maladie qui me rongeait de l’intérieur.

 

Roger : Parlons un peu de vous aujourd’hui. C’est donc  Théo qui possède tous vos 900 tableaux après votre mort, mais il mourra un an plus tard, et c’est sa femme : Joanna Bonger qui va s’occuper de votre héritage. Aujourd’hui, ils sont répartis aux quatre coins du monde, soit dans des musés ou dans des collections privées.

Il y a deux ans de ça, votre tableau  « L’Allée des Alyscamps » s’est vendu à 66 millions de dollars (et ce n’est même pas votre tableau le plus connu), ce qui m’amène à vous demander : comment, de là ou vous êtes, vous jugez votre prospérité ?

Van Gogh : Je vais forcément répondre la même chose que ceux qui sont déjà venus, je ne m’attendais pas à ce que ma popularité explose à ce point, surtout qu’à mon époque, mes peintures était loin d’être aussi « révolutionnaires » qu’on le dit aujourd’hui.

Même si j’aimais beaucoup Théo, je pourrais lui reprocher de ne pas m’avoir beaucoup soutenu artistiquement. Certes, il m’a entretenu financièrement (et je lui doit tout), mais il ne donnait pas tellement de visibilité a mes peintures (ce que Joanna a vraiment su faire près la mort de son mari), et je suis convaincu que c’est ce qui a mis un frein a ma reconnaissance.

J’aurai voulu voir ma réussite de mes yeux et de mon vivant. Mais par rapport à d’autres peintres, « les inconnus », je n’ai pas à me plaindre. J’ai même réussi à vivre de la peinture, et c’était suffisant pour moi.

 

Roger : Mr Van Gogh, je vous remercie d’être venu, et je souhaite que votre succès continue.

Van Gogh : Merci à vous, au revoir.